06.07.2008

Un peu d'histoire

DSC03007.JPGAire d'étude : Verdun
lieu-dit : Fort de Génicourt
époque de construction : 4e quart 19e siècle
année : 1878
auteur(s) : maître d'oeuvre inconnu
historique : Fort construit de 1878 à 1880 selon le système de Séré de Rivières et situé à la limite de deux communes, Génicourt-sur-Meuse et Dieue-sur-Meuse
gros-oeuvre : calcaire ; pierre de taille ; moellon sans chaîne en pierre de taille ; béton armé
propriété de l'Etat

 A partir du 20 septembre 1914 et jusqu'à la fin du mois la 5ème Armée Allemande du Kronprinz lance une nouvelle série d'attaques à l'ouest et à l'est de la Meuse visant une nouvelle fois à isoler la place forte de Verdun. Cet objectif n'est pas atteint, mais l'alerte de nouveau est chaude et des positions importantes tombent en mains allemandes, qui le resteront pendant toute la guerre, pesant lourdement sur le sort précaire de Verdun : Vauquois, les Eparges, Saint-Mihiel. 

Entre Meuse et Argonne, partant de la région de Montfaucon, les Allemands s'emparent de Varennes, du remarquable observatoire que constitue la butte de Vauquois, atteignent le ruisseau de Forges.

En plaine de Woëvre, ils bousculent les faibles forces françaises et s'emparent de la crête des Eparges, de Vigneulles et d'Hattonchatel.

Le 24, ils occupent sans coup férir Saint-Mihiel et établissent une tête de pont sur la rive ouest de la Meuse où ils se heurtent à la défense du fort des Paroches.

 Le 25, grâce à une puissante attaque organisée à un échelon élevé du commandement et avec des moyens d'artillerie importants (mortiers de 305 autrichiens notamment) ils prennent d'assaut le fort du camp des Romains. Malgré ces brillants succès, ils n'exploitent pas, comme semble-t-il ils auraient pu le faire, en direction de Bar-le-Duc...

Le VIIIe CA français engagé en catastrophe, réussit à bloquer son avance vers le sud au prix de DSC03003.JPGcombats sanglants, qui se poursuivront jusqu'en 1915 (bois d'Ailly, etc...).Les communications en direction de Verdun par la vallée de la Meuse sont coupées et le resteront jusqu'en septembre 1918 !...

Ces combats apportent également leurs lots de misères.

Un témoin a écrit le récit des évènements survenus à MOUILLY en septembre 1914. En voici un court résumé. " En août le village abrite des installations sanitaires françaises. Le 8 septembre l'infanterie et l'artillerie allemandes s'installent aux abords de la localité, dont ils contrôlent les issues. Leur objectif est à cette date le fort de Troyon. Un incident grave a lieu dès le 8. Un coup de feu parti de la lisière des bois blesse un soldat allemand. On arrête alors le curé l'abbé ALNOT et on procède à des fouilles dans les maisons du village, sans résultats. L'abbé est finalement libéré mais de graves menaces de représailles pèsent sur le village. D'ailleurs dès le 8 deux habitants sont arrêtés pour des motifs futiles : le boucher M. MARTINOT et son neveu Emile NOEL (19 ans) et le 12 l'est également Nicolas DARAUX.

Ayant échoué devant le fort de TROYON et en raison des menaces que fait peser sur leurs arrières les contre-attaques françaises les Allemands quittent précipitamment MOUILLY le 13. Un véhicule en panne à 3 km de la localité et chargé de fûts de pétrole donne à penser qu'ils avaient l'intention d'incendier MOUILLY. Le 14 une patrouille française découvre à COMBRES les corps des trois habitants de MOUILLY emmenés par les Allemands. Ils ont été fusillés....

Le village est ainsi libéré mais a beaucoup souffert des tirs de l’artillerie française du fort de Genicourt. Désormais il est soumis aux tirs de l'artillerie allemande. Bientôt aux trois quarts détruit il sera abandonné par ses derniers habitants repliés en majeure partie (160 habitants) en Haute-Savoie. Il sera ensuite tristement pillé par nos troupes. Dans "Ceux de 14" Maurice Genevoix a écrit sur MOUILLY quelques pages émouvantes. 

 

 

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